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29 mai 2009

Commentaires

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JM Salaun

Oui Olivier,

J'irai même plus loin. D'un point de vue économie le capital accumulé par les universités a trois composantes majeures :
Les cours et comme tu l'indiques certains peuvent se servir des cours disponibles en ligne (y compris le mien) pour récupérer à leur profit ce premier capital ; les collections accumulées par les bibliothèques et Google a compris comment on pouvait faire un hold up sur ce travail patient de générations de bibliothécaires ; et les réseaux des étudiants.. suivez mon regard.

Il est très facile d'ouvrir une université sans dépenser un centime de capital intellectuel.

R4f

Ce billet est étrange car son sujet ne correspond par à son contenu : on pourrait croire qu'il critique l'université bradée (low cost), ce qui sous entendrait que toute chose ayant un prix, celui des études devrait être à la hauteur de la valeur qu'elles apportent, mais non !

On pense ensuite que vous allez critiquer le modèle américain de l'enseignement supérieur. Les université «de bon niveau», peut-être celles qui peuvent (ou savent) attirer les profs brillants et les retenir par un cadre attrayant ou, au pire, par de l'argent, sont privées. L'université publique, indigente, est onéreuse malgré tout (frais de scolarité de moitié de ceux de l'université privée) mais réputée de qualité moindre. Eh non, fausse piste, vous voulez en venir à un autre point !

En fait, vous voulez vous en prendre aux universités en ligne !
Après les guichetiers de la SNCF qui déplorent l'exode de leurs clients vers Internet (Voyages-SNCF.com), les informaticiens criant à l'assassin lorsque leurs emplois sont outsourcés en Inde, les hotliners concurrencés par des francophones du Sud (Madagascar, Maghreb...), voilà les profs d'université en passe d'être outsourcés sur le Net !
Zut alors !
Bon, alors on va faire comme tous les précédents, on va dire que les autres sont moins bons en espérant crier assez fort pour qu'on garde un peu de nos brebis s'égarant...

Et si, au lieu de tout balancer sans discernement, on se posait des questions ?
Pourquoi une telle désaffection de l'université ? N'y a-t-il rien à changer dans la forme actuelle de l'université (à part déverser des milliards, mais à quoi bon) ?
Pourquoi ne pas introduire une part d'apprentissage en ligne dans les cursus d'enseignement supérieur ? Je lisais je-ne-sais-plus-où il y a quelques mois un article au sujet d'une fac de médecine française (Grenoble ???) proposant (imposant ?) une première année exclusivement à distance, avec un système de tutorat et tout et tout... Il paraitrait que ça évite à plein d'étudiants de déserter les bancs de la fac pour aller dans des cours parallèles (privés) préparant aux même concours, donc ça doit marcher, non ?
Au moins, ça donne plus de souplesse aux apprentissages (asynchronisme), ça vide les amphis (décentralisation), et je suis sûr d'oublier mille et un avantages collatéraux.

Allez, Monsieur le Maître de Conférences, évitez le corporatisme "low cost" et essayez de nous faire un billet sur les nouvelles perspectives qu'ouvrent ces universités, même si c'est pour également préconiser des gardes-fous...

A l'arrivée de l'automobile, les cochers qui ont tiré leur épingle du jeu ne sont sans doute pas ceux qui ont décrié ce nouveau moyen de transport, ce sont ceux qui ont eu la sagesse d'apprendre à les conduire.

pablo

L'idée que les prêts étudiants puissent être une bulle spéculative avaient été exprimée il y a 1 an ici
http://insidehighered.com/views/2008/05/02/vedder

Je conseille aussi ce joli film
http://howtheuniversityworks.com/wordpress/archives/199

A l'époque, j'avais écrit ceci (désolé pour l'autocitation mais le texte n'est plus en ligne) :
"L’argument est qu’une bulle suit l’autre et que les prêts étudiants ont toutes les caractéristiques pour former la prochaine. Petite explication.

Le gouvernement US aide financièrement les étudiants les plus pauvres à payer leurs frais d’inscription universitaire. Ceci a pour conséquence d’augmenter la “demande” (le nombre d’étudiants) et entraîne une hausse des frais d’inscriptions[4]. Exactement comme, en France, l’allocation logement a pour conséquence une hausse générale des prix des loyers. Et, exactement comme pour l’immobilier, plus les étudiants payent cher, plus ils pensent qu’ils font un bon investissement (qui paiera par des salaires plus élevés). La dette moyenne des étudiant augmente donc progressivement et vient d’atteindre les 20000$ par personne[5].

Que les universités aient plus d’argent n’est pas forcément mal. Mais celles-ci n’investissent pas cet argent dans une meilleure éducation mais dans des dépenses somptuaires censées augmenter leur prestige (notamment en construisant des bâtiments ou des cité U de luxe[6]). On se retrouve donc dans une situation de bulle très proche de la bulle immobilière : des crédits bas qui augmentent les prix, une augmentation des prix qui entretien l’illusion que c’est un investissement lourd qui payera sur le long terme, et qui justifient ainsi un accroissement de l’endettement. Jusqu’à ce que cette hausse devienne insoutenable et que les nouveaux diplômés ne puissent plus faire face.

Et vive le marché de l’éducation !

La solution proposée par les auteurs est de réguler les frais d’inscription, par exemple en les indexant sur les salaires à percevoir (l’étudiant s’engage à reverser x% de son salaire pendant x années).


A cela, je peux ajouter ma touche personnelle, “de première main”. En effet, la région de Boston a l’une des plus fortes densités au monde d’Universités et de Colleges, publics et privés, dont les prestigieux Harvard, MIT, Boston University, Tufts, University of Massachusetts, Boston College, Berklee College of Music, Northeastern University, etc., etc., etc. Et l’une des choses qui me frappe le plus est la quantité de publicités, partout, pour les différents établissements... ainsi que pour les prêts étudiants. La plupart des gens que je connais sont endettés avant même de démarrer leur vie professionnelle.

Il faut voir aussi, lors des journées portes ouvertes, la tension sur les visages des parents. Une journée pour décider des 4 prochaines années, à plus de 30000$ par an[7]. Le prix d’une maison. Un investissement.

C’est le genre d’expérience qui permet de se rendre compte combien notre système d’éducation supérieure quasi gratuit est un bien précieux. A défendre contre des prédateurs prétendument bien intentionnés...

[4] En 10 ans, les frais d’inscriptions ont augmenté, inflation déduite, de +48% dans les universités publiques et +24% dans les universités privées
[5] Mais cela ne prend pas en compte les années d’économies que les parents doivent entreprendre pour espérer payer une éducation à leurs enfants...
[6] Les auteurs citent l’exemple des nouveaux dortoirs de Princeton qui, par lit, coûte 70000$ de plus que des dortoirs standards !
[7] Et comme dit précédemment, ici on ne redouble pas.

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