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08 nov 2007

Commentaires

Adrien Peneranda

Bonjour,

Je reste perplexe à la lecture de votre billet. Grève propre ou non, depuis quand un étudiant peut-il faire "grève", littéralement parlant ??? Un étudiant n'est pas un salarié et je crois que le terme grève pour évoquer l'absentéisme de certains étudiants ou pire (comme le blocus d'une université) pour raison politique est un abus de langage. Et même si légalement des étudiants pouvaient faire grève (ce qui serait un comble étant donné que ce sont leurs parents et l'État qui leur payent l'université), les "piquets de grève" sont strictement interdit par la loi. Ce qui veut dire que le blocus d'une université est tout à fait illégal, quelque soit sa justification (AG, vote à main levée...).

De plus, bloquer une université, n'est ce pas une atteinte grave à liberté de travail des professeurs et du personnel de l'université ? Cette liberté est pourtant protégée par la Constitution.

Je crois que l'origine du problème se trouve dans ce qu'on a laissé croire aux étudiants qu'ils pouvaient faire certaines choses illégales, comme bloquer une université, pour défendre leur opinion vis à vis de la politique menée par le gouvernement. Du coup un envoi de CRS est considéré comme un emploi de la force démesuré par le politique alors que bloquer une université est déjà un emploi illégal de la force par les étudiants, et c'est tout à fait inapproprié dans un débat démocratique.

Dans une démocratie, on ne dialogue pas en portant atteinte à la liberté d'autrui. On a la chance dans notre pays de pouvoir exprimer son opinion par de nombreuses voies: organiser des manifestations, faire signer des pétitions,... Alors pourquoi ne pas tout de suite dire aux étudiants que ce qu'ils votent en AG comme le blocus, de toute façon ils n'ont pas le droit de le faire, sous peine d'être délogé par la police ? Au moins ils seraient prévenus et pourraient se concentrer sur des manières plus démocratiques de se faire entendre...

Bien cordialement,

Adrien

Olivier

Adrien> Bonjour et merci pour votre commentaire argumenté mais rempli d'inexactitudes. Je n'ai pour l'instant pas le temps de vous répondre en détail (je prendrai ce temps bientôt) mais rien que sur votre premier point, j'attire votre attention sur le fait qu'en 2003, un rapport ministériel faisait état que plus de 46% des étudiants exercent une activité rémunérée durant leur scolarité.
http://media.education.gouv.fr/file/89/9/5899.pdf
Ces chiffres n'ont depuis cessé de croître.
Quand à "la liberté de travail protégée par la constitution", je vous rappelle qu'aux Etats-Unis, c'est la liberté de porter un arme qui est inscrite dans la constitution ...
A très bientôt donc pour la suite de ma réponse.

Alain

Bonjour,

je trouve le commentaire d'Adrien assez pertinent.
Il se trouve que j'étais étudiant en droit
et désormais CRS.
Je me permets d'apporter une précision par rapport à mon expérience.
En tant qu'étudiant, j'ai travaillé à maintes reprises comme bon nombre d'étudiant durant ma scolarité ainsi que l'été. Ce n'était pas une réelle nécessité mais uniquement une façon d'apercevoir le monde du travail sans apriori puisque je suis passé de déménageur à vendeur de vêtement puis livreur de pizza, à l'abattage des poulets (et oui) puis employé en 3/8 dans une mine de kaolin dans le morbihan. J'aurais pu m'en passer, il aurait fallu du coup limiter ma vie estudiantine du soir ou réduire mes activités autres.
Le choix de l'université est pour une majorité un choix financier au départ, puis par la diversité des formations de l'autre. J'ai croisé des étudiants qui travaillaient occasionnellement, rarement par absolue nécessité ormis la mère-célibataire qui poursuit ses études. il faut intégrer surtout, et aucun chiffre de ce rapport ne vient l'étayer, les étudiants qui n'ont pas le choix que de travailler. Nous n'avons "que 7% des étudiants qui ont une activité à plein temps et 8,5 à mi-temps..." Je termine sur ce point.

Au lieu de terme de "droit de grève" des étudiants je préfèrerais la notion de liberté d'expression. La seule cessation de travail concernée est leur propre travail qui n'est qu'un investissement pour leur avenir. La "grève" étudiante est du coup une sorte de suicide social où les victimes sont bien évidement les étudiants mais aussi la société qui a besoin de ses futurs actifs.
J'ai bien envie de dire que les empêcher de bloquer les universités et une façon de les protéger d'eux-même, et de protéger la collectivité car nous en sommes responsables.
Seconde chose. Je me souviens des manifestations contre le CIP. Bon nombre de mes camarades manifestants ignorait l'essence même de ce projet de loi, laissant ce choix de penser et de décider pour eux aux "élites" des associations syndicales étudiantes.
J'arrive à une question. Sur l'ensemble des étudiants "non-pratiquants", combien d'entre-eux ont réellement connaissance du projet, combien d'entre-eux se sont réellement intéressés à lire par eux-même l'intérêt de ce projet. (Je ne me prononce pas pour ou contre cette loi). En fin de compte, combien d'étudiants suivent réellement les AG. Adrien parlait de justification à l'absentéisme et je suis parfaitement d'accord.

Il me semble que certaines associations syndicales sont beaucoup trop présentes dans les universités et ce n'est pas pour servir les étudiants mais uniquement les monter contre tout projet du gouvernement sans discernement car elles sont une émanation des partis de l'opposition...

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