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07 nov 2007

Commentaires

JM Salaun

Salut Olivier,

Je ne comprends pas ton raisonnement. Si on peut avoir la même reconnaissance de diplôme, soit en payant un prix exhorbitant, soit en payant un prix dérisoire, l'avantage concurrentiel va au second et non au premier. Les autres avantages que tu cites ne relèvent pas de la reconnaissance officielle du diplôme.

Je crois, bien au contraire, que réserver la reconnaissance des masters aux seules universités risque de produire des diplômes à deux vitesses et de dévaloriser les masters universitaires.

La reconnaissance européenne reste théorique. Chaque établissement ou chaque employeur restera évidemment libre d'accepter ou non tel ou tel diplôme. Il y a bien longtemps que l'enseignement supérieur est en quelque sorte harmonisé au Canada et aux USA. Cela n'empêche nullement qu'un diplôme de telle ou telle université soit plus ou moins coté.

Olivier

Jean-Michel> Les diplômes à deux vitesses existent déjà et tu as raison de le rappeler. Ils existent d'abord entre le public et le privé. Et en l'occurence, vu le prix d'entrée, les écoles privées ont tout loisir d'attribuer autant de titres diplômants (bachelor, MBA et autres) en leur nom propre.
Ces diplômes à deux vitesses existent également au sein même des écoles privées (telle sup de co ne vaut pas tripette en face de telle autre), et au sein même de l'université publique, tel "master" est plus ou moins côté que tel autre (ce que tu rappelles dans ton dernier paragraphe). Mais je continue de penser qu'il est un socle commun diplômant, lequel socle reconnaît à tous les diplômes une même VALEUR, valeur qui est double : au sein du système d'enseignement public ET sur le marché de l'emploi. Même si l'on m'objectera que cela est un peu théorique, que cela ne couvre pas les cas particuliers, etc, etc ... La loi n'a pas vocation à gérer les cas particuliers mais à donner un cadre. Et c'est ce cadre qui me semble aujourd'hui en danger. Si de plus en plus d'écoels privées se retrouvent en situation de délivrer des diplômes NATIONAUX, plus personne ne viendra s'inscrire dans les diplômes de l'université. Ou alors seulement ceux qui n'ont pas les moyens de s'en payer un autre. Tu pourras m'objecter qu'il est aux états-unis (mais aussi en angleterre), et peut-être au canada (là je n'en sais rien), des familles "modestes" qui pour y arriver s'endettent à vie pour pouvoir financer de "grandes" études à leurs enfants. Or ce que je décris dans mon billet me semble être une porte ouverte (de plus) à l'arrivée de ce genre de situation en France. C'est donc bien une position purement idéologique ;-)
Quant à ce qui est de ton premier paragraphe sur "l'avantage concurrentiel", ton argument me semble spécieux étant donné que l'on n'est précisément pas (encore) sur un marché. Mets-toi deux secondes dans la tête d'un parent d'étudiant (ou d'un étudiant) : qu'estimerais-tu être le meilleur entre une école clinquante, suréquipée matériellement, offrant un carnet d'adresse impressionnant et une université crasseuse, avec une salle informatique pour 200 étudiants ? Le diplôme permettait jusqu'ici à la seconde de continuer à être attractive. Mais demain ?

JM Salaun

Il se trouve que je suis parent d'anciens et d'actuelle étudiants justement ;-).

Le coût exhorbitant dont tu parles est, crois moi, aussi très dissuasif pour les parents et certains établissements publics de qualité imaginent des solutions alternatives intéressantes (Sc Po, Insa..).

Il y a, de fait, un marché et il n'est, d'ailleurs, pas que national. Je ne suis même pas sûr que l'UE accepterait ce monopole public, mais c'est à vérifier. Refuser l'évidence relève de l'idéologie, dans le mauvais sens du terme, celle qui met des œillères.

Sur les établissements publics n'ont, à mon avis, rien à gagner à jouer la carte de la protection administrative, sinon à s'isoler un peu plus pour partager leur misère et tirer vers le bas la valeur (celle qui sera reconnue de fait par les acteurs, non pas celle octroyée en amont par le ministère) de leurs diplômes. En disant cela, je ne défends pas les établissements privés, mais je fais confiance plus que toi aux capacités des collègues du public. Il est aussi indispensable de ce côté là de sortir de bien de mauvaises habitudes..

Olivier

Jean-Michel> Je me doutais que mon message réveillerait ta fibre paternelle, mais je voulais éviter d'attenter publiquement à ta vie privée (par les temps qui courrent, j'aurai peut-être droit à un éditorial du Monde ;-)
Bref, je reste en indécrottable désaccord avec toi sur ce point : tu cites les établissements publics de qualité (Sc Po, l'Insa). Aaaaaaaah Ben oui. Mais moi je pensais davantage à tout le reste (dont par exemple le master en nouveaux médias de l'université de picardie, ou le Master en Intelligence économique de l'université de Savoie, etc, etc.)
Si on baisse les bras sur les diplômes, il ne restera à nos facs publiques que ceux (les diplômes) dont les écoles privées ne veulent pas (parce que moins rentables). Et moi dans 20 ans j'ai pas envie de coller ma nombreuse descendance dans une école privée à 20 000 euros l'année. Bon sinon c'est pas grave, j'essaierai SciencePo ;-)

Gemini

Je ne sais pas si les entreprises sont naives également mais bizarrement certains diplômes fournis par les écoles privées ont beaucoup plus la côte que les masters classiques de l'université. Et les gens cherchant du travail qui en sont détenteurs n'en cherchent pas longtemps. Et pour avoir été en stage et échangé avec des personnes venant d'écoles privées, il n'y a pas photo sur le volume de travail qu'on impose aux uns et aux autres.

Néanmoins je confirme un point, que j'ai demandé à des potes dans des écoles privées, on peut avoir son diplome grace à de la monnaie, tout comme on peut décrocher un Master universitaire sans rien foutre.

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