Ma Photo

Qui suis-je ?

Syndication


Botte de foin


Qui êtes-vous ?



  • Track referers to your site with referer.org free referrer feed.


Qu'en faire et comment ?


  • Ce que vous voudrez à condition :


    • de citer vos sources
    • de ne pas vous enrichir
    • de ne rediffuser l'info que sous une licence identique à celle-ci







    Le crédo d'Affordance ;-)
    I am a hard bloggin' scientist. Read the Manifesto.



    Le coin des bonnes causes :


    Support The Commons
    Become A Commoner


    Le PageRank d'Affordance :
    PageRank for this page
    Son "autorité" (sic) selon Technorati :
    "L'autorité" selon Technorati

Powered by TypePad

Le petit lien du Week-End

Typographes de tout poil, rions ensemble : La police des polices (de caractère) vous parle.

(Via BBBBS = BienBienBienBiensûr !)

Collusion ?

En France, le magnat des médias (Arnaud Lagardère) est aussi "l'ami" du président de la république (Nicolas Sarkozy) et le témoin de son (premier) mariage. Collusion ? Collusion.
Aux Etats-Unis, le PDG du premier moteur de recherche de la planète vient d'entrer au "conseil des sages" du président Obama (Interview vidéo d'Eric Schmidt). Goobama donc. Les accointances démocrates de l'équipe dirigeante du moteur Google ne sont plus un secret. Pas davantage que n'est secrète la position démocrate sur les enjeux de la neutralité de l'Internet. Pas davantage que n'est anodin le rôle joué par le média Internet dans la campagne présidentielle américaine. Collusion ? Difficile d'en juger pour le moment. Seule certitude : la question hier posée ("qu'arriverait-il si nous répondions mal au mot 'socialisme' ?") se reposera demain avec une acuité nouvelle.

"Les cons ça ose tout."

" ... c'est même à ça qu'on les reconnaît " disait le maître. Diego Maradona et Lutz Heilman osent tout. Le premier, nous apprend Zorgloob, a demandé (et obtenu !!!) des versions locales de Google et de Yahoo!, qu'elles ne fassent plus apparaître de résultats sur la requête "Diego Maradona." La page suivante est donc collector : à vos copies d'écran, car c'est à ma connaissance la première fois dans l'histoire de l'Internet qu'une telle disparition est opérée.
Le second (via le toujours excellent Ecrans et de ReadWriteWeb), Lutz Heilman, 42 ans, aujourd’hui député au parlement fédéral du parti die Linke (La Gauche), et ex-agent de la fameuse police secrète est-allemande (Stasi), a demandé et obtenu la fermeture immédiate et ce deux jours durant, de la version allemande de Wikipedia (enfin pas tout à fait mais presque).

Deux réflexions croisées :

  • c'est la première fois qu'un particulier obtient l'application aussi radicale et disproportionnée d'un tel "effacement".
  • seuls des états avaient jusqu'ici réussi à faire plier de tels mastodontes, et la négociation n'avait pas porté sur le terrain judiciaire mais uniquement sur le plan ... financier.
  • cela laisse songeur sur plein de plans ...

Et une morale façon "vieux con des neiges d'antan" : on n'effacera jamais les livres. On peut les censurer, les brûler, les détruire, les pilonner mais les effacer ... jamais. Et si vous voulez lire une belle histoire à ce sujet, vous pouvez vous précipiter sur Globalia.

Le petit lien du Week-End

Micro-média et granularité documentaire illustrée.

Le plaisir solitaire de l'auto-délation. (ou comment je me suis dénoncé à mon propre ministère)

Préambule & Rappel des faits
Le 15 Octobre 2008 paraissait au Journal Officiel de la république, un appel d'offre concernant une "veille d'opinion" pour les ministères de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. L'appel d'offre est composé de deux "lots" d'un coût global de 220.000 euros pour 2009 (100.000 pour l'Education, 120.000 pour l'Enseignement supérieur et la Recherche).Dans ledit appel d'offre on eut notamment lire :

  • "5.1.2 Sources surveillées : La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.) Les sources d’informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillées et traitées. Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d’un media à l’autre seront soigneusement analysés."

Mais également :

  • Point 5.1.1. Objectifs. Le dispositif de veille vise, en particulier sur Internet, à:
  • identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
  • identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l'opinion
  • repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte, et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau
  • décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
  • anticiper les risques de contagion et de crise.
  • Rapprocher ces informations et les interpréter
  • Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
  • Alerter et préconiser en conséquence"
Il n'en fallait pas plus pour que je me fende d'un très officiel courrier à notre Ministre, que je reproduis ci-dessous. Si le coeur vous en dit et après lecture, je vous invite naturellement à en faire de même.
                                                     ===========================
                                                     Madame la Ministre, chère Valérie,

J'ai bien pris connaissance de votre appel d'offre du 15 Octobre. M'efforçant d'être en tout point un citoyen modèle, et à ce titre soucieux de préserver les finances publiques, je viens par la présente me dénoncer auprès de vos services et incite toutes celles et ceux qui correspondent au profil recherché dans votre appel d'offre à faire de même.
Afin que vous ne me preniez pas pour un dangereux fantaisiste, je tiens à caractériser très précisément la manière dont je correspond à la cible recherchée par votre appel d'offre et le caractère factuellement recevable de ma demande.
Primo : Je tiens depuis maintenant 3 ans un de ces  "sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc." Ce site (blog) est intitulé "affordance.info" et j'y commente de manière assez régulière, assez polémique et chaque fois que je le peux assez "impertinente", l'information qui concerne le secteur dans lequel j'exerce ma profession, à savoir l'enseignement et la recherche. Par ailleurs, je ne me prive pas de commenter également d'autres décisions, actualités ou événements dans des secteurs où je n'exerce pas et pour lesquels je n'ai pas nécessairement de légitimité.
Deuxio : Un certain nombre d'indices concordants me portent à croire que je suis un leader d'opinion, une nouvelle fois donc dans le coeur de votre cible qui "portera ainsi sur les médias en ligne, (...) de leaders d’opinion". En effet, j'ai longtemps tenu la première place du classement des blogs influents de la société Wikio dans la catégorie science. J'en profite pour vous signaler dénoncer deux autres collègues enseignants-chercheurs, André Gunthert et Jean Véronis, respectivement second et premier du même classement des blogueurs influents. Si j'enseigne de mon côté principalement dans un petit IUT de province et ne peut donc compromettre qu'un petit nombre d'étudiants en les exposant à une pensée déviante, le pouvoir d'influence - et donc de nuisance - de mes deux prestigieux collègues est bien plus considérable que le mien. J'invite donc une nouvelle fois vos services à s'intéresser de près à leur cas. Par ailleurs, votre appel d'offre indique également que "Le dispositif de veille vise, en particulier sur Internet, à (...) repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte, et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau." Une nouvelle fois, j'attire l'attention de vos services sur mon "potentiel d'influence" ma capacité de nuisance, qui tient principalement à mon aptitude à créer et à utiliser des réseaux de diffusion numériques et à la surexposition de mon blog.
Tertio : "La veille portera également sur (...) les blogs (...) ainsi que sur les appels et pétitions en ligne". Le site que je tiens est bien un blog, et j'ai signé et appelé à signer un grand nombre de pétitions en ligne sur des sujets aussi divers que la suppression du premier Avril (journée nationale sans humour), la politique migratoire de la France, l'évaluation des revues scientifiques. De plus, le point 5.2.2 de votre appel d'offre indique que "Les vidéos, pétitions en ligne, appels à démission, doivent être suivis avec une attention particulière et signalées en temps réel." Or j'ai moi-même été à l'origine d'un appel à démission (je vous remets le lien pour faire gagner du temps à vos services).
Quarto : "les passages de relais d’un media à l’autre seront soigneusement analysés." Il m'arrive fréquemment de répandre mes idées dans d'autres supports que ce blog, y compris dans des journaux dits "citoyens" (de type Agoravox) ou dans de grands quotidiens nationaux (même si cela ne se produit pas aussi souvent que je le souhaiterais, mais diminue heureusement d'autant le risque d'exposition de la population à mon arrogant irrespect).
Dernier facteur à charge, mais non des moindres, j'ai enseigné pendant assez longtemps dans un Master d'Intelligence économique à l'université de Toulouse 1, Master pour lequel j'ai même un temps fait fonction de directeur des études. Je connais donc bien les différentes techniques de renseignement et de contre-renseignement et suis, plus que d'autres, à même de les utiliser dans une logique anti-gouvernementale.
A ce stade de la démonstration, est-il encore nécessaire de mentionner que je partage la vie d'une femme occupant de hautes fonctions syndicales dans un syndicat professionnel paramédical, ce qui me donne naturellement potentiellement accès à des rouages ministériels et des informations inaccessibles pour le grand public ?
Enfin, Madame la Ministre, je tiens à porter à votre connaissance et à celle de vos services qu'il doit être possible de m'atteindre afin de me réduire au silence, et ce sans aller jusqu'à menacer physiquement ma personne, ma famille, mes collègues ou mes étudiants (ce qui, vous en conviendrez, ferait un peu désordre). Une première stratégie (sur le long terme) consiste à inscrire dans les formations où j'enseigne l'un de vos agents assermentés qui pourra, par tout dispositif à sa convenance, établir un faisceau de preuves sur mon comportement et mes discours, vous permettant par la suite d'engager à mon encontre des procédures administratives de sanction. L'autre possibilité (sur le court terme) consiste à faire plancher l'un de vos juristes assermentés sur de probables infractions au devoir de réserve dans mes différents écrits et opinions. Il suffira alors d'exercer une pression appropriée sur le président de la faculté dans laquelle j'enseigne pour que celui-ci me trouve tout un tas d'occupations et de tâches administratives qui m'éloigneront de mes étudiants et de mes activités de recherche, bref, qui me "placardiseront" et réduiront à néant mon potentiel de dangerosité.

Croyez Madame la Ministre, à l'expression de ma sincère et très grande vigilance citoyenne. J'espère que ce courrier suscitera des vocations et qu'un grand nombre de dénonciations spontanées parviendront à vos services. Les 220 000 euros engagés dans la procédure pourront peut-être alors être réaffectés à des tâches et des actions qui si elles ne sont pas plus nobles, me sembleraient pourtant bien plus nécessaires**.

Olivier Ertzscheid, Enseignant-chercheur-blogueur-leaderd'opinionlanceurd'alerte.

** Combien de RASED pourraient être maintenus et bénéficier de personnels pour prendre en charge les enfants en très grande difficulté scolaire avec ces 220 000 euros ?? Plein.
                                             =========================================
Conclusion
La réaction du Ministère après divulgation dans les médias de cet appel d'offre fut en gros la suivante : "Le ministère de l'Education nationale a tenu à préciser qu'il s'agissait en fait d'une surveillance qui remonte à 2006, mais qui a simplement mué, notamment cette année, vers une veille accrue sur le Net, évolution du militantisme oblige. L'équipe de Xavier Darcos précise par ailleurs que "tous les grands ministères ont un budget alloué à la veille de l'opinion"." Sur la surveillance antérieure, effectivement, je confirme. Il n'en demeure pas moins aberrant que le ministère soit incapable de commander ce travail de veille à des fonctionnaires formés pour cela (il ne manque pas en France d'universitaires spécialistes de ces questions, ou pouvant, le cas échéant, former des fonctionnaires à ces techniques aujourd'hui somme toute assez basiques et répandues). Au lieu de cela, c'est 220 000 euros/an qui partent dans les caisses d'un prestataire privé. Sur le "tous les ministères le font, pourquoi pas l'enseignement, l'enseignement sup et la recherche", et bien précisément parce que si la veille d'opinion et plus largement l'intelligence économique sont indispensables dans certains secteurs sensibles et/ou stratégiques, c'est un non-sens que de maintenir l'affirmation de leur intérêt pour les ministères concernés (éducation et recherche donc). Car la seule finalité possible de cette veille d'opinion pour ces deux ministères est, au mieux, utilisable à des fins de désinformation orchestrée, et au pire, a vocation à engager des procédures de nature coercitive pour les fonctionnaires en dépendant. Pour le dire autrement, aucun impératif économique ou stratégique ne justifie la mise en place d'un tel plan de veille confié à un organisme privé. C'est donc - au mieux - faire très peu de cas d'un prétendu dialogue social, et - au pire - ce me semble contraire a ce que devraient être les pratiques d'un état de droit.   

Sur le même sujet voir aussi : Rue89, et bien sûr le document de l'appel d'offre (Téléchargement 26772.pdf)

<Updates du soir>
  • Rappelons que le terme de "lanceur d'alerte" qui figure dans le texte de l'appel d'offre du Ministère n'est pas choisi au hasard. Loin s'en faut.
  • Comme le rappelle le Journal du Net "A la fin du mois d'octobre, un appel d'offre similaire a également été lancé par le Service d'information du gouvernement (SIG), concernant la réalisation d'une veille quantitative et qualitative sur le traitement de l'actualité gouvernementale par les médias en ligne et les blogs de journalistes." Lequel appel d'offre avait également été largement relayé dans la blogosphère, notamment chez Narvic, euh pardon, chez Narvic donc, ou chez Marianne2.
</Update>

<Edit du 19 Novembre> Voici la version du même appel d'offre, mais de l'année dernière (19 Octobre 2007) : Téléchargement Veille_opinion.pdf. Une lecture comparée des points 5.1.1 et 5.1.2 à un an d'intervalle est assez parlante sur les enjeux et les finalités des modifications apportées ... et sur l'impact des Bad Buzz présidentiels et gouvernementaux dans la nouvelle mouture de l'appel d'offre (par exemple, la surveillance des vidéos en ligne devient étrangement prioritaire :-) </Edit>

(Temps de rédaction de ce billet : 2 heures qui auraient pu être mieux utilisées à servir la gloire du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche des leaders d'opinion)

Destruction et formation de l'attention

===================
"Nous disions (...) que les établissements d'enseignements « s'effondrent les uns après les autres ». C'est maintenant vrai des  établissements bancaires, et il n'y a là aucun hasard : il s'agit d'une crise systémique où le système éducatif est détruit par une organisation industrielle consumériste caduque qui repose sur la destruction systémique de l'attention, et à cet égard, sur l'installation d'une sorte de bêtise systémique – qui détruit désormais les puissances publiques et les puissances privées. (...) Tous finalement l'accordent : la crise que traverse la planète est la preuve qu'une autre organisation sociale doit être inventée et mise en œuvre. Dans cette nouvelle société industrielle, l'éducation sera l'élément clé, et avec elle, la reconstitution de l'attention devra être pensée en relation intime avec la place et le devenir des médias."
Ars Industrialis. Débat le 15 novembre 2008 : Destruction et formation de l'attention :Considérations sur la crise systémique de l'éducation. Avec Jean-Hugues BARTHELEMY, Julien GAUTIER, Bernard STIEGLER et Guillaume VERGNE au Théâtre National de la Colline. 14 rue Malte Brun – Paris 20° - 14-17 heures - entrée libre.
==================
Ils n'ont certes pas besoin de pub. mais j'atteste par la présente de mon regret de ne pouvoir y assister et vous encourage (1) à vous y rendre et (2) à nous faire plein de compte-rendus ou de captations vidéos de ce qui s'y dira :-)

Nous sommes tous des américains (fauchés) et notre ministère est un Ponce Pilate numérique

============================================================================
Billet d'humeur publié un lundi mais rédigé un vendredi soir (très tard) sur un (non?) événement qui a presque un an mais qui me semble assez fidèlement traduire une certaine logique ...
============================================================================

Préambule. Aux Etats-Unis, les grandes firmes de l'informatique ont pignon sur rue dans les universités et dans les écoles. Elles les financent pour partie, elles les fournissent en ordinateurs et autres équipements, elles recrutent et payent des étudiants pour évangéliser sur tel ou tel produit leurs petits camarades, elles recrutent et payent des professeurs, elles leurs offrent des licences logicielles gratuites. Bref, elles "font le job" de la formation aux technologies de l'information.

Google et les 140 classes de collégiens.

En France, l'éducation à la culture informationnelle est, suite à la volonté acharnée de quelques-uns, de plus en plus l'objet de discussions, de colloques, de publications. En France, on a (péniblement) mis en place des dispositifs aux noms abscons mais à l'efficacité qui commence à être prouvée : B2i, C2i, et tutti quanti. En France, le Sénat, dans sa session ordinaire du 22 Octobre 2008, a diffusé un rapport d'information sur l'impact des nouveaux medias sur la jeunesse (Téléchargement r08-0461.pdf). A la page 123 dudit rapport, on peut lire le compte-rendu de l'audition de Mr Olivier Esper et Mme Myriam Boublil, respectivement "chargé des relations institutionnelles" et "directrice de la communication", chez ... Google Inc. L'audition se conclut comme suit :

  • "M. Olivier Esper a enfin souhaité faire la présentation des initiatives de Google France en matière d'éducation aux médias : le tour de France des collèges, qui consiste en des actions d'apprentissage de l'utilisation d'Internet à des élèves, le soutien des actions d'e-Enfance (hébergement de leurs vidéos sur Youtube et campagne publicitaire gratuite sur Internet) et ChercheNet, jeu concours monté en partenariat avec la Délégation aux usages de l'Internet, qui vise à éduquer à la création de contenus et au respect de la propriété intellectuelle.

Intrigué par ce "Cherche Net", et quelques clics plus tard, je tombe sur le communiqué de presse de Google France, dans lequel j'apprends qu'il ne s'agit pas vraiment d'un tout petit projet puisqu'il concerne tout de même "140 classes de collégiens de 6ème et 5ème des départements du Finistère, de l’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, des Côtes-d’Armor, de la Sarthe, du Maine-et-Loire, de la Loire-Atlantique, de la Mayenne et de la Vendée." Le titre du communiqué de presse est le suivant : "Calysto lance Cherche Net avec Google et la DUI". Pour information, Calysto est une société de conseil, la DUI est une excroissance du pouvoir politique (ministère de l'enseignement supérieur principalement), et Google est ... Google.

Et maintenant les faits : le fond du projet Cherche Net.

Sur la page du communiqué de presse, je retiens les informations suivantes :   

  • "A l'initiative de Google France, et avec le soutien de la Délégation aux Usages de l'Internet, Calysto mènera dans les collèges de Bretagne et des pays de Loire, une opération inédite et ludique d'éducation à Internet et ses usages pour les enfants : le jeu concours Cherche Net. (...) Cherche Net a pour vocation de (...) mettre en pratique les informations enseignées aux enfants sur l'Internet, (...) :
  • comment rechercher efficacement sur Internet ?  Comment éviter de tomber sur des contenus choquants ? Comment utiliser des outils de retouche d'image ? Comment créer un blog ?
  • les sensibiliser et  les éduquer aux règles à respecter sur Internet (sécurité, droit d'auteur, droit à l'image…)
  • valider leurs compétences du B2i (Brevet informatique et internet)
  • favoriser une démarche collaborative et une prise de conscience collective
  • développer leur curiosité et leur créativité."

Et maintenant, reprenons ...

  • Qui ? "A l'initiative de Google France" : c'est assez troublant. Ce genre d'initiative est normalement attendu de la DUI, dont la mission est - sauf erreur de ma part - "la formation et l'accompagnement au TIC" (sic). C'est d'autant plus troublant que derrière la mention "à l'initiative de", il faut naturellement comprendre et lire "avec le financement de". Donc si on résume : Google est à l'initiative du projet, le finance, le fait réaliser par une société de service (Calysto) et demande sa bénédiction à la DUI (à moins que la bénédiction de la DUI ne lui soit acquises dès avant)
  • Quoi ? On va donc apprendre aux collégiens "comment rechercher efficacement sur Internet". Il serait à la fois plus honnête et plus exact d'indiquer qu'on va leur apprendre "comment chercher efficacement sur Internet avec Google." Ce qui est déjà une bonne chose. Mais ce qui n'est pas tout à fait la même chose. On va également apprendre aux collégiens "Comment utiliser des outils de retouche d'image ?" Alors là j'avoue que j'en reste baba. Dans le même temps, je mesure la force de mes prophéties auto-réalisatrices concernant les technologies de l'artefact. Et je m'en désole.
  • Pourquoi ? Pour "valider leurs compétences du B2i (Brevet informatique et internet)" Et ben voilà. C'est Google qui va valider le B2i. OK. Et demain, on l'envoie valider quoi ?? Le bac ? La licence ? La première étoile de ski ? Et puis aussi on va faire ça pour "favoriser une démarche collaborative et une prise de conscience collective et développer leur curiosité et leur créativité." Et pour en faire de bons clients. Bien souples. Bien captifs. Bien formés formattés.  

Moralité courte.

A l'initiative de Google et sur les fonds de Google, Google forme les futurs utilisateurs et clients de Google là où ils sont, c'est à dire dans les collèges. Il les forme à l'utilisation de Google et des outils de Google. Il le fait avec l'aval du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche (dont la DUI est l'émanation directe), ce dernier se vautrant dans le confort de la figure d'un Ponce-Pilate numérique (dont on connaît la propension à "s'en laver les mains").

Moralité longue

C'est parfois dans les "petites" opérations de communication que se donnent le mieux à lire les grands desseins ministériels ... Car soyons clair, ce n'est en l'occurence pas Google (ni Calysto) que je blâme (quoi que pour Calysto ...). A tout prendre, j'aime autant que ce soit eux qui se chargent du boulot plutôt que la DUI et ses experts nommés. Ce qui est particulièrement irritant me fout dans une rogne noire c'est de constater l'incurie des "pouvoirs publics" à l'échelon national à capitaliser sur les réseaux de compétence e-x-i-s-t-a-n-t-s, leur refus castrateur de leur octroyer quelques maigres subsides pour permettre à ces mêmes réseaux de compétence d'opérer un passage à l'échelle, pour leur permettre de démultiplier leur offre de formation, bref pour leur permettre de faire ce que s'apprête à faire Google, mais en le faisant mieux (et probablement pour moins cher).

Pour être plus clair, il existe en France dans les universités, les lycées et les collèges toutes les structures nécessaires à la réflexion (déjà bien avancée) et à l'action (chroniquement en manque de moyens). Nous disposons :

Alors pour passer ma rogne, je fais un rêve. Celui de voir un jour l'auto-complaisance ministérielle et ses effets d'annonce à la consistance d'étouffe-chrétien se resaisir, décrocher son téléphone, convoquer non pas des blogueurs influents mais des gens capables, leur demander où ils en sont de leur réflexion, leur demander quelles sont leurs préconisations, leur demander quels sont leurs besoins ... et leur donner les moyens de gagner un pari. Un pari formidable. Celui de l'entrée réussie d'une classe d'âge dans la société de l'information. Et puis je me réveille. Et je vois le temps qui passe. Et je voie le temps perdu. Et le Cheval à Phynances qui galope, et la Machine à Décerveler qui fait son office (et réciproquement). 

Conclusion : nous sommes tous des américains.
Le projet Cherche Net date de Décembre 2007. J'en ignore les résultats. Je ne les ai pas trouvés sur le site de la DUI. Le site Cherchenet.fr n'est de toute façon plus en ligne. La seule trace qui en subsiste est celle-ci. Le nom de domaine est par ailleurs disponible si vous êtes tentés par une spéculation hasardeuse (plénonasme ?). J'ignore s'il sera reconduit cette année. Mais le projet Cherche Net n'était que la partie émergée de l'iceberg. Aujourd'hui, les mêmes perpétuent le tour de France des collèges et des écoles. Avec les mêmes partenaires, plus quelques autres. C'est du Cherche Net  mais à l'échelle industrielle. Du biberonnage dès le berceau. Voilà pour l'existant. Voilà pour hier et aujourd'hui. Et demain ? Demain aux Etats-Unis en France, les grandes firmes de l'informatique auront pignon sur rue dans les universités et dans les écoles. Elles les financeront pour partie, elles les fourniront en ordinateurs et autres équipements, elles recruteront et paieront des étudiants pour évangéliser sur tel ou tel produit leurs petits camarades, elles recruteront et paieront des professeurs, leurs offriront des licences logicielles gratuites. Bref, elles "feront le job" de la formation aux technologies de l'information.
Demain ce sera Ubu Roi. UBU : Université des Baudruches Unanimes. ROI : retour sur investissement à la hauteur du désinvestissement constaté. Ubu roi vous dis-je. 

(Temps de rédaction de ce billet : 3h30 - oui je sais c'est long, non je n'avais rien de mieux à faire vendredi soir)

Enseignants chercheurs : projet de décret.

Donc ça y est, le projet de décret modifiant le statut et le rôle des enseignants-chercheurs est sur les rails. Très rapide analyse ... Ce qui va changer :

  • Les enseignants chercheurs aiment l'entreprise, laquelle le leur rend bien. "(...) Ils organisent leurs enseignements au sein d’équipes pédagogiques et en liaison avec les milieux professionnels. Ils établissent à cet effet une coopération avec les entreprises publiques ou privées. (...) Ils contribuent à la coopération entre la recherche universitaire, la recherche industrielle et l’ensemble des secteurs de production. " Bien sûr on le faisait déjà, mais là c'est une volonté ... "affichée", "inscrite".
  • Les enseignants-chercheurs aiment les bibliothécaires. Ils ne sont d'ailleurs pas à l'abri de leur piquer leur fond de commerce : "Ils participent à la diffusion de la culture et de l’information scientifique et technique. Ils assurent, le cas échéant, la conservation et l’enrichissement des collections confiées aux établissements et peuvent être chargés des questions documentaires." Remarquable ellipse qui dit tout en ne disant rien, mais qui, à mon avis, dira beaucoup à certains. <Update de quelques jours plus tard> Cela n'a pas loupé :-) Voir l'analyse beaucoup plus pertinente que taquine d'Olivier Tacheau</Update>
  • Les enseignants-chercheurs aiment le conseil d'administration de leur université car il est tout puissant. "Le conseil d’administration ou l’organe en tenant lieu, définit les principes généraux de répartition des services entre les différentes fonctions des enseignants-chercheurs. Il fixe également les équivalences horaires applicables à chacune de ces activités ainsi que leurs modalités pratiques de décompte." Et ben oui. Différentes fonctions : Enseignement, recherche, administration. C'est pas nouveau. Ce qui va être aussi nouveau que variable et invariablement compliqué ce sont les "modalités pratiques de décompte", autrement dit l'équation "1 heure d'enseignement = x heure(s) de recherche = y heure(s) administrative".
  • Là où ça va faire mal, mais alors vraiment mal, attention, c'est là : Plus tu cherches bien, moins tu enseignes : "Le président ou le directeur de l’établissement arrête les décisions individuelles d’attribution de services des enseignants-chercheurs dans l’intérêt du service, après consultation, du directeur de la composante et du directeur de l’unité de recherche concernés. Le tableau de service de chaque enseignant-chercheur lui est transmis en début d’année universitaire et est adapté pour chaque semestre d’enseignement. Il peut comporter un nombre d’heures d’enseignement inférieur ou supérieur au nombre d’heures de référence mentionné au I en fonction de la qualité des activités de recherche" Et plus loin : "Les principes généraux de répartition des obligations de service et les décisions individuelles d’attribution de services ne peuvent conduire à dégrader le potentiel global d’enseignement (...)" Il y a donc des garanties. La garantie que certains personnels ET certains établissements feront plus ou moins de recherche et/ou d'enseignement. Et surtout la garantie que certains enseignants-chercheurs "mal-cherchants" devront se coltiner les heures d'enseignement dont seront dispensés leurs collègues "bien-cherchants". J'vous raconte pas l'ambiance ... (voir à ce sujet le billet d'Olivier Le Deuff, et quelques autres cités en fin de ce billet).
  • Attention, ça va faire piquer : "Dans le cas où il apparaît impossible d’attribuer le service de référence à ces personnels, le président ou le directeur de l’établissement leur demande de compléter leur service dans un autre établissement public d’enseignement supérieur de la même académie sans paiement d’heures complémentaires." Et ben oui. Exemple : je suis recruté pour faire de l'anglais à l'IUT de Saint-Nazaire. Mais je n'ai que quelques heures. Je vais donc me cogner également des heures à l'IUT de La Roche sur Yon et un peu à la fac de Nantes. Et je vais garder le sourire. Eeeet oui.
  • Concernant l'épineux (aïe) chapitre de l'évaluation : "Article 7-1 – Les enseignants-chercheurs établissent, au moins tous les quatre ans, un rapport d’activité remis au président ou directeur de l’établissement qui en assure la transmission au Conseil national des universités." On connaît déjà les critères pour l'évaluation de la partie recherche (épisode 1, 2, 3, 4) ... Les CNU vont avoir du pain sur la planche. Va falloir sérieusement songer à augmenter leurs effectifs ...

Côté effets d'annonce jusqu'à présent non suivis des faits :

  • Valérie Pécresse avait déclaré : "Je souhaite que la préparation des outils numériques soit reconnue à part entière comme un acte pédagogique, y compris dans le statut des enseignants-chercheurs." Ce n'était qu'une déclaration. C'est dommage. Car c'était - à mon avis - une bonne idée.
  • Du rapport Schwartz, il ne reste au final (et en l'état) pas grand chose. Et c'est dommage. Car ledit rapport contenait au moins deux bonnes idées que je rappelle ici pour mémoire : lisibilité et transparence accrue des modalités du recrutement, et "Créer une habilitation à diriger les enseignements sur le modèle de l'habilitation à diriger les recherches". Seule l'idée de "Permettre la modulation du temps de service des enseignants-chercheurs en fonction des trois grands domaines : enseignement, recherche et ... administration." est donc actée dans ce projet de décret mais avec un niveau de flou qui, conjugué à l'autonomie précipitée des universités, ne manquera pas de déclencher des situations aussi ubuesques que contre-productives.
  • On avait également promis à grand renfort de médias de valoriser les Maîtres de Conférences. Mis à part les quelques très rares élus (une centaine au maximum) qui pourront bénéficier dès le début de leur carrière d'une bourse de recherche avec des crédits confortables et des allègements d'obligations de service (les fameuses "chaires"), une lecture attentive de ce projet de décret montre que ce sont les professeurs des université qui sont, et de loin, les plus chouchoutés en terme de statut, de possibilités d'avancement et de décharges de service.

Conclusion : Flexibilité et clientélisme sont les deux mamelles de ce projet de décret (et encore, je vous ai épargné le commentaire des 4 pages qui concernent uniquement la notion de "délégation de services", mais vous en conseille la lecture attentive ...). Une flexibilité désordonnée, inféodée aux desideratas des conseils d'administration, eux-même inféodés aux présidents d'université (à moins que ce ne soit l'inverse). Mais le plus dramatique à mon sens, c'est que l'enseignement sera le grand perdant de ce nouveau statut s'il est adopté en l'état. Cette activité apparaît clairement comme "secondaire", non-noble, le genre de truc que l'on refile à ceux qui ne sont pas capables de faire de la recherche. Je pense que c'est une erreur stratégique et un contresens majeur qui dit bien deux choses : la vision que le ministère éponyme a de l'enseignement public, et la méconnaissance profonde de ce qui se passe DANS les cours des universités.

Le projet de décret en intégralité : Téléchargement decret08-statut-ec-.pdf

Et puis aussi sur le sujet :

  • sur Rue89 un texte qui dit bien la réalité de la réforme concernant les IUT.
  • sur le "débat dans le débat" concernant le démantèlement programmé (et déjà bien avancé) du CNRS, je vous recommande la lecture de ce texte qui commence ainsi : "Le gouvernement est en passe de réaliser un vieux rêve de la droite : évider le Cnrs, à défaut de pouvoir le supprimer. Pourquoi tant de haine à l’encontre de cet organisme, accusé de tous les maux et qualifié, sans rire, de « dernière institution soviétique au monde » ? Vraisemblablement parce qu’il porte la double tare d’avoir été créé une première fois par le Front populaire et refondé à la Libération par le général de Gaulle. Pour les idéologues d’une certaine droite cette origine condamne le Cnrs à être le repaire de Nimbus de gauche, déconnectés du monde contemporain."
  • Sur la question spécifique des modulations de service et des primes, lire le rappel des faits effectué par le site SLR.
  • Côté syndicats, c'est l'effervescence. Le point de vue du SNESup me semble assez juste sur le fond : "une conception usurière de l'enseignement supérieur"
  • Et puis côté coulisses, dans les seuls vrais tuyaux de la seule vraie autonomie, il risque aussi d'y avoir du sport.
  • Et pour équilibrer la balance, voir aussi l'angélisme gouvernemental, un texte qui résiste à peu près 1min30 à une analyse sérieuse de la situation.

Par ailleurs, le classement des revues à la mode de l'AERES continue d'émouvoir. Oh rassurez-vous, uniquement de dangereux gauchistes rétifs à toute forme d'évaluation parce que notoirement incompétents et uniquement soucieux de préserver leurs privilèges acquis et n'ayant par ailleurs absolument aucune expérience en matière de publication scientifique ou d'édition de revues scientifiques de rang :

  • André Gunthert : "La science des quotas". Extrait : "La liste des revues les classe en trois rangs: A, B et C. Mais au lieu que le rang A donne un compte réel des meilleures publications internationales, on lui a fixé arbitrairement un quota de 25%. On comprend bien que la logique à l'oeuvre est strictement comptable. Le gouvernement-des-caisses-vides étant dans l'incapacité notoire de revaloriser le salaire des chercheurs (dont toutes les études s'accordent à dire qu'il est scandaleusement bas), il va répartir des lots de consolation aux plus méritants pour pouvoir afficher une politique de la recherche agressive."
  • C. Bouillaud, "The State We’re In. le classement des revues par l’AERES"

notamment ...

(Sources sous les liens // Temps de rédaction de ce billet : 2 heures)

Les petits liens du Week-End

C'est ce soir sur Arte. Et c'est inéluctable.

Et puis bien sûr, Barak Obama :

Quoi de nouveau sous les moteurs ?

Revue de liens éparpillés "façon puzzle" comme dirait l'autre.

  • Google indexe désormais les documents scannés. 2 conclusions : le web invisible recule encore, la puissance de frappe "made in Google" sur toutes les étapes de la numérisation (institutionnelle, personnelle, en amont, en aval ...) augmente (encore) d'un cran. L'info est disponible sur le blog officiel de Google et commentée (notamment) chez Christophe Asselin.
  • Google dispose de plus de 2 millions de serveurs répartis sur une trentaine de centres de calcul (datacenters). Information et commentaires chez Didier Durand. Informatique dans les nuages donc, mais façon cumulonimbus.
  • Google hébergerait 10,5 millions de sites web sur les 182 millions que compte le Net. Info et commentaires chez Olivier Andrieu.

Nota bene : de ces deux dernières infos, je retiens que l'hypothèse d'un GoogleNet comme "second réseau" est de moins en moins invraisemblable.

  • L'informatique distribuée (ou "dans les nuages") est décidémment à la mode puisqu'Exalead vient de lancer CloudView, "sa" solution Cloud Computing permettant à une entreprise d'accéder et d'agréger l'ensemble de ses données internes et externes.
  • Microsoft de son côté a lancé Microsoft Azure, une nouvelle version instance de sa plateforme Windows, avec un credo : des services indépendants de l'infrastructure. Finalement, le cloud computing n'est que la déclinaison "système" d'un état de fait depuis longtemps avéré dans la gestion des "contenus" : différencier la gestion du fond (= les contenus) de la gestion de la forme (= gabarits, templates). Je vais peut-être avoir l'air d'enfoncer une porte ouverte, mais il est amusant de constater que cette petite micro-évolution dans la gestion des documents (gestion différenciée des contenus et des gabarits) était largement annonciatrice d'une macro-transformation dans la gestion des données (= gestion différenciée des services et de l'infrastructure = cloud computing). Moralité : en observant finement l'évolution des "documents" on peut arriver à inférer ce que seront les grandes orientations prises dans la gestion des données et des services.
  • Google (encore) : une vidéo qui en 4 minutes, met en scène l'évolution de la page d'accueil la plus célèbre du monde.
  • Google (toujours) offre désormais la possibilité de s'abonner par RSS aux résultats de son moteur de recherche à l'aide de la fonction Google Alerts (qui ne tourne pour l'instant que sur Google News).Nota bene : il faut d'abord créer une "alerte" puis aller la modifier ("manage alert") et demander la création du fil rss correspondant ("Feed").
  • Microsoft motorise désormais Facebook pour la recherche web. Cela ne marche pour l'instant qu'aux Etats-Unis, mais cela est un signal fort de l'effet vortex recherché par les stratèges du site de réseau social. Stratégie identique (et cependant concurrente) à celle des moteurs de recherche qui eux aussi s'efforcent de maintenir le plus longtemps possible l'utilisateur dans leur périmètre de services. Sur le même sujet, voir aussi le commentaire de Techcrunch.
  • Et puis parce qu'il n'y a pas que Google, Microsoft et Exalead dans la vie, voici un petit nouveau baptisé "SearchCube" qui est en fait une application de présentation des résultats de recherche sous forme de rubiks cube animé (sur la base des résultats de Google et de Thumbshots.org). Sympa. Sans plus mais sympa.

(Sources : sous les liens // Temps de rédaction de ce billet : 1 heure)

Temps de rédaction ... de ce mois-ci.

==========================================================================
Billet un peu long pour répondre à une simple question qui m'est souvent posée par mail ou en commentaire : "mais pourquoi donc ajouter un "temps de publication" à la fin de chaque billet ?"
==========================================================================
41 billets pour le mois d'Octobre 2008. Temps de rédaction total : 28h30min. Soit un temps moyen passé sur un billet de : 41 minutes.
Ceci n'inclut pas la temps passé à veiller et à lire différentes choses sur le Net ou dans de bons vieux ouvrages et journaux papier. Lequel temps est au moins équivalent à celui de la rédaction des billets.
Sur une année, cela fait, à la louche 348 heures. Plus au moins 348 heures à fureter, collecter, annoter, lire, etc.
Tout cela pour dire que compte tenu de mon statut (Maître de conférences : je dois 192 heures équivalent TD sur l'année - en heures effectives, cela fait beaucoup plus -, plus autant d'heures de recherche - là j'en fais honnêtement un peu moins, sauf à considérer que l'alimentation de ce blog fait partie intégrante de mon activité de recherche, ce qui est précisément l'une des questions soulevées dans ce billet), tout cela pour dire, disais-je, que compte-tenu de mon statut, ce blog est un authentique deuxième métier qui me prend au moins autant de temps que celui pour lequel je suis chaque mois grassement rétribué (1800 euros net).
J'avoue ne pas trop savoir qu'en penser ... mais je pense que :

  • un jour se posera la question de savoir si le jeu en vaut la chandelle (ce jour là sera le jour où je m'amuserai un peu moins à cet exercice/astreinte de publication)
  • un jour se posera la question de "ceci au détriment de cela" (ce jour là sera le jour où on m'annoncera que comme je ne fais pas suffisamment de "recherche labellisée et reconnue par mes pairs", on va doubler ma charge d'enseignement et mes charges administratives)
  • un jour se posera (sérieusement) la question de quel intérêt, pour qui, pour quelle reconnaissance ? (reconnaissance institutionnelle s'entend, la reconnaissance et la gloire publique m'étant déjà largement acquises ;-)

(Temps de rédaction de ce billet donc : 30 minutes :-)

Politburo motorisé : Goobama ou MicroCain ?

Dans la série "le politique et son reflet motorisé", et dans une quête éperdue de notoriété mise à mal, je vais donc sacrifier à la tradition médiatique. <Teasing> A la fin du billet que vous êtes en train de lire, vous connaîtrez, en avant-première mondiale, le résultat de l'élection présidentielle américaine. </Teasing>

Préambule.
Les rapports entre le politique et la représentation du monde que donnent à voir les moteurs sont de plus en plus étroits, de plus en plus complexes, de plus en plus décisifs. C'est un poncif que de souligner le rôle que joue le net dans les élections américaines aujourd'hui, et qu'il jouera sans nul doute demain à l'échelle de la vie démocratique planétaire, pour le meilleur ou pour le pire. Dans un billet d'Octobre 2006 j'écrivais déjà :

  • "il serait alarmant que Google puisse ne serait-ce qu'envisager de prendre le contrôle d'une centralisation du vote, par la biais des machines électroniques à voter. Ce scénario n'a aujourd'hui rien plus rien de fantaisiste. Google dispose des financements, des appuis politiques et de l'architecture informatique qui lui permettraient d'organiser le vote planétaire à l'échelle de chaque pays le désirant. (...) Nos sociétés occidentales n'hésitent par ailleurs plus (...) à confier à des sociétés privées la gestion d'intérêts et d'énergies fondamentales, qui sont le bien commun des 6 milliards d'êtres qui peuplent la planète. Hésiteront-elles longtemps avant de lui confier la démocratie ?"

A l'heure ou les médias du monde entier ont tous leurs sens numériques entièrement braqués sur l'élection en train de se jouer aux USA, regardons ce que la chose numérique apporte comme éclairage et comme décryptage à la chose politique.

Realnumerik et/ou Realpolitik.
Le billet de ReadWriteWeb, "Your election Day Web Toolkit",  nous offre une vue exhaustive de cette boîte à outils numérique : informations en temps réel sur le vote en cours, vote participatif sitôt filmé et sitôt posté sur YouTube, groupes de microblogging décryptant les résultats là encore en temps réel, sondages divers et variés, et bien sûr, marketing et merchandising citoyen avec de grandes enseignes vous offrant un café tiède ou un nuggets moisi si vous entrez chez eux en hurlant "j'ai voté".

Moteurs et politiques : une affaire de résultats.

Mais au-delà du gadget et de l'insondable sondage, les moteurs savent également offrir de très beaux outils de décryptage et de suivi des résultats. Dans cette catégorie, la palme revient probablement au "Political Dashboard" de Yahoo!. A l'heure où j'écris ce billet, seules les projections de vote sont naturellement accessibles, mais vous avez la possibilité de créer votre propre scénario en cliquant sur les différents états pour en faire changer la couleur politique et disposer donc d'autant de scénarios et de résultats que possible. 
Google n'est naturellement pas en reste et se fend d'un billet sur son blog officiel pour détailler l'ensemble de "son" dispositif : une GoogleMaps qui permettra de visualiser les résultats, une page Google News dédiée avec un affichage en colonne des résultats état par état, etc.

Là où cela se complique ...
Jusque là, au final, pas grand chose de nouveau, sauf que chacun peut se rejouer en solo et dans son salon la grand messe télévisuelle des soirées électorales, avec des joujous capables de déclencher une soudaine moiteur intime chez le chroniqueur politique d'astreinte ou la directeur d'institut de sondage sur le pont. Là où cela se complique c'est quand on en arrive aux authentiques stratégies motorisée d'un vote (prétendûment ?) à valeur ajoutée.

De nouveaux espaces synoptiques
L'exemple le plus frappant est celui du canal vidéo créé sur YouTube pour l'occasion et baptisé : Video Your Vote. 596 vidéos sont pour l'instant (4 Novembre, 22h, heure française) répertoriées. Là encore, une carte GoogleMaps sert de support, d'accrochage, aux vidéos envoyées par des citoyens (ou des personnalités), lesquelles vidéos sont répertoriées et visualisables selon un certain nombre de thèmes : les "Notable voter" par exemple, personnalités diverses (mais essentiellement politiques) qui se fendent de leur propre reportage sur eux-mêmes et leur vote ; plus intéressantes, les vidéos des "First Time Voter" (sous la catégorie "voting perspectives") qui font part de leur état d'esprit. Beaucoup plus étonnante, la catégorie "Voter Intimidation". Et oui. "Voter Intimidation" On y découvre des vidéos qui dénoncent des tentatives d'intimidation plus ou moins graves, dont l'essentiel provient de groupes de pression ou de lobbys politico-industrialo-religieux. Mais on trouve également dans la même catégorie une "interview" (?) de Sally Morgan, étudiante à l'université de Virginia Tech (?) qui raconte comment on (?) a tenté de l'intimider dans sa faculté. On a donc d'un côté des vidéos amateur dont la valeur sociologique est avérée, mais pour lesquelles on ne peut disposer d'aucune valeur de vérité propre (cf mes points d'interrogation dans la phrase précédente), et de l'autre côté, mises sur le même plan dans le même dispositif, des reportages "classiques" de médias "traditionnels", dé-portés sur YouTube. Là encore me direz-vous, rien de nouveau : toute soirée électorale combine les micro-trottoirs anecdotiques avec les analyses politiques plus "sourcées". Mais ce qui change ici c'est l'industrialisation du processus. Alain Giffard (parmi d'autres, dont B. Stiegler) a parfaitement décrit cette industrialisation de l'intime. Ce même intime qui est à l'oeuvre dans l'isoloir, dans cet acte politique fondateur. Tout cela est pour le moins troublant et mériterait à lui seul une analyse complète. Dernière catégorie sur laquelle je vous invite à jeter un oeil dans la chaîne Video Your Vote, c'est la catégorie "Polling Place Problems" et la sous-catégorie "Machine Problems". Aux USA, les machines à voter sont en place dans un très grand nombre d'états. On y découvre de courtes vidéos aussi hallucinantes qu'effrayantes qui, après les ambiguités de la mal-bouffe et du fast-food, nous font découvrir les immenses dangers de demain : ceux du fast-vote, du mal-vote. L'industrialisation du processus de vote se surajoute à celle de l'intime pour lui ôter, à terme, sa valeur propre.

Du passé ne faisons plus table rase.
Les candidats sont naturellement les plus exposés à l'éléphantesque mémoire des moteurs. L'outil Google Citation (tournant - pour l'instant - sur Google News) est capable d'extraire les phrases qu'ils ont prononcé pendant les 5 dernières années sur une thématique donnée et de les resituer en contexte (exemple ici). Autre exemple, l'indexation "textuelle" des vidéos des candidats. Même si peut-être moins que d'autres ils ont, dans l'exercice de leur fonction, le droit à l'oubli numérique, il va falloir réfléchir à l'impact que cet accès direct, permanent et traçable à leurs mémoires aura sur leurs ... discours. La mémoire et la mer l'amer comme disait l'autre

Vers une logique de panoptique.

L'ensemble de ces dispositifs, de ces artefacts, de ces cartes synoptiques s'enrichissent rapidement et nécessairement d'une dimension supplémentaire à la problématique bien plus lourde : celle d'une dérive panoptique inévitable. C'est la logique du genre. Nous filmons, ils enregistrent. Pour en revenir à l'analogie avec les soirées électorales d'antan, dans les dispositifs offerts par les moteurs, toute l'éditorialisation est camouflée. Elle semble avoir disparue (aucun chroniqueur, analyste ou journaliste n'est là pour "faire des choix" de reportage ou de questions à poser ou à ne pas poser), mais elle est plus que jamais présente. Saut qu'il ne s'agit plus d'une éditorialisation à priori mais a posteriori. Ce que changent les moteurs, c'est la temporalité du "moment" politique. La valeur ajoutée maximale de ce moment est, pour les usagers, le temps des sondages qui le précèdent et naturellement celui du temps présent de l'élection. Mais la valeur ajoutée maximale pour les moteurs est tout autre. Elle est dans l'éditorialisation rendue a posteriori possible de ces milliers de données, de comportements et de requêtes collectés de manière cadrée, de manière expérimentale et quasi-scientifique.

"Qu'arrivera-t-il si nous répondons mal à des requêtes comme 'socialism' ?"

Car avant et parfois même pendant le vote, les gens cherchent. Et l'on sait ce qu'ils cherchent. Là encore le blog officiel de Google nous livre les requêtes les plus courantes. Je m'attarde 5 minutes sur les 10 sujets politiques les plus recherchés ("Top Political Topics") :

  1. debate
  2. Social Security
  3. presidential debate
  4. polls
  5. voter registration
  6. gas prices
  7. oil prices
  8. FDIC
  9. electoral college
  10. Socialism

Le "socialisme" est donc le 10ème mot-clé le plus recherché en ce moment par les américains. Outre que cela ferait probablement plaisir à la cellule communication du PS français, cela nous en dit déjà beaucoup sur "l'angoisse" et "l'incompréhension" de l'amérique républicaine face à ce fléau. Mais ce qui m'intéresse ici, ce n'est pas tant la requête que le résultat de cette requête dans Google. Première étape : la fonction Google Suggest est là encore riche d'enseignements.

Socialism     

C'est bien le socialisme d'Obama qui inquiète, qui intrique, qui est la chose recherchée. Deuxième étape : les résultats. Wikipédia, Dictionary.com, la Britannica, un site de bibliothèque numérique en économie. Les 4 premiers résultats donnent donc dans une "neutralité" de bon aloi. Le cinquième résultat est déjà plus surprenant : une page personnelle d'un "socialiste indépendant". Le premier site offrant un rapport direct entre la requête ("socialism") et le contexte de la requête (élection américaine) arrive en 9ème position et il s'agit d'un site clairement républicain. A tout cela il faut ajouter que ladite page de résultat n'est pas nécessairement celle qui sera affichée en réponse à toutes les requêtes déposées sur ce seul mot-clé. En effet, nombre d'internautes utilisent le moteur Google en étant identifiés sur leur compte Google (gmail par exemple). A partir de là (principe de la personnalisation persistante : diapos 29 et 39 à 42), les "préférences" et l'historique de recherche de l'internaute sont convoqués pour proposer un remix personnalisé de résultats. Autant dire que les républicains qui cherchent des infos sur "Obama le socialiste" trouveront dans lesdits résultats de quoi largement alimenter leur socialophobie. Tout cela nous ramène donc aux préoccupations du précédent billet sur le sujet : "qu'arrivera-t-il si nous répondons mal à des requêtes comme 'socialism' ?" Ou comment passer du nez de Cléopâtre au socialisme d'Obama : la face du monde en sera peut-être changée. Pour le meilleur ... ou pour le pire.

Et maintenant chose promise chose dûe : le résultat du vote en avant première mondiale.

(Sources : sous les liens // Temps de rédaction de ce billet : 2h15)

Le petit lien du Week-End

La journée type du blogueur. A part l'accès depuis un cellulaire, tout le reste est parfaitement exact (me concernant).
30915521

(Via MissTics)

En attendant Godot (et la 71ème section)

Pendant que l'on cherche activement à retrouver la trace de la 71ème section (épisode 1, épisode 2, épisode 3), quelques ressources "en vrac" pour permettre à chacun d'étoffer son opinion à propos de la crise d'évaluatite aussi aïgue que désordonnée dont souffre actuellement la maison université-recherche :

  • un numéro spécial de l'ORS consacré à l'AERES (.pdf). En page 3 on peut lire que le président de l'AERES se donne 4 ans pour "forger une culture de l'évaluation." Ce qui m'a frappé à la lecture de ce dossier (ma lecture fut, je vous l'accorde légèrement partisane), c'est l'écart entre la bonne volonté apparente des experts et personnalités de l'AERES et la précipitation avec lequelle on les embarque dans ce chantier (voir notamment page 15 où l'on apprend que "certains comités d'évaluation n'avaient pas été informés que le note qu'ils rendraient serait elle-même rendue publique" ...). Autre point frappant : l'après-évaluation. D'ici 4 ans donc, toutes les universités, toutes les formations, toutes les unités de recherche (et probablement tous les chercheurs) auront "leur" note et "leur" rapport. Prenons les universités : sur les 80 existant actuellement et après divers probables regroupements, on en trouvera environ une petite dizaine frisant l'excellence (note A), une vingtaine dans la normale (note B) et le reste en queue de peloton (note C). Que fera-t-on à ce moment là ? Quelle alternative pour ces dernières à échéance de 4 ans, c'est à dire dans un contexte d'autonomie totale ? En plus de communiquer davantage sur sa méthodologie, l'AERES ferait à mon sens oeuvre utile en s'interrogeant sur la finalité des évaluations produites.
  • un site d'information et de discussion sur l'évaluation et la bibliométrie a été ouvert à l'adresse suivante : http://evaluation.hypotheses.org. Ce site est une ressource incontournable pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet.
  • Sur la question spécifique de l'évaluation des disciplines et des revues, Jean-François Dhainaut, (président de l'AERES) a fait un certain nombre de déclarations, rapportées dans une dépêche accesible à cette adresse : http://fr.groups.yahoo.com/group/parislinguists/message/2138. Dans ladite dépêche en date du 14 Octobre on apprend notamment que "L'Aeres indique qu'elle va prochainement publier sur son site internet la "méthodologie d'approche" utilisée pour la constitution des listes (de revues) ainsi que la composition des comités qui ont élaboré ces listes". Pour mémoire la fameuse blind list des revues a été mise en ligne fin Juillet ... Mon mauvais esprit jubile à l'idée qu'une instance d'évaluation nationale et à ce point transversale omnipotente puisse à ce point être candide dans son approche en pensant que pour un tel projet, la publication de la méthodologie et des personnes en charge de l'appliquer n'est pas un préalable indispensable ... Faudra peut-être songer à monter une Agence d'évaluation de l'Agence d'évaluation ...
  • Côté SHS, Patrice Bourdelais (coordinateur SHS pour l'AERES), a publié le 19 Octobre sur le site Fabula un communiqué lénifiant : http://www.fabula.org/actualites/article26263.php
  • la commission mixte AERES / CNRS / CNU qui avait publié en juillet un classement des revues de psychologie répond - en partie - aux critiques et propose un nouveau classement : .pdf. Je vous recommande très chaudement les 6 premières pages du document qui montrent la complexité du travail entrepris et la nécessité absolue de fonctionner sur un mode ouvert d'évaluation.
  • Et pour rire (jaune) un peu, ne manquez pas l'épisode "Ubu évaluateur au pays du CNRS". Et aussi cet article là pour les plus pressés sur le sujet.

(Temps de rédaction de ce billet : 45 min.)

L'état de la blogosphère : Septembre 2008.

(Billet oublié dans la file d'attente de publication de ce blog ... oups ...)

Technorati relance son meilleur outil de communication, à savoir le "state of the blogosphere" initié par son fondateur Dave Sifry. Le "state of ..." nouvelle formule dispose d'une parution étalée sur toute la semaine, j'ai donc attendu le dernier chapitre pour vous en faire un petit résumé :-). Au programme de l'édition de Septembre 2008 on apprend :

Que les blogs dont désormais partie des "mainstream media" en terme d'audience. A titre d'illustration, il est rappelé que " 95% of the top 100 US newspapers have reporter blogs". (ce qui n'empêche pas les blogs d'être totalement absents de notre très hexagonal et Colbertien Rapport Giazzi mais c'est une autre histoire ...). Que Technorati indexe 133 millions de blogs (cf image ci-dessous) et nous indique avoir fait un grand ménage dans les Spam-blogs et autres Fakes-blogs.

Chartp0auth_2

La fin de cette introduction se conclut par une liste de citations émanant de diverses personnalités (mais comme je ne suis pas davantage rancunier que procédurier, je ne leur collerai pas un procès pour s'être inspirés des petites goodies - .pdf - accompagnant la publication d'un excellent bouquin qui vous permettra de tout savoir sur les blogs).

Sur cette première partie, voir les commentaires de FredCavazza.

Que le profil des bloggueurs reste relativement hétérogène même si le portrait robot est celui d'un homme entre 17 et 34 ans, depuis longtemps sur Internet et avec un niveau d'étude plutôt élevé. Phénomène révélateur de l'aspect "mainstream" et de l'âge de maturité des blogs, 37% des bloggeurs sont à l'ouvrage depuis au moins deux ans, 14% depuis au moins 4 ans. La moyenne de l'ancienneté des blogs indexés par Technorati est d'environ trois ans.

Chartp1tenure

La plupart des blogs sont pluri-thématiques même si les technologies se taillent la part du lion.
Chartp2topics
Et puis une très mauvaise nouvelle pour les Wikio Labs : la principale mesure de succès d'un blog est ... la satisfaction personnelle qu'en retire son auteur !! Ca va être délicat de développer un algo. là-dessus ;-)
Chartp2success

Google Books : le prix de la tranquilité (et du monopole).

(Titre alternatif de ce billet : "Les oeuvres orphelines ont désormais un père : il s'appelle Google")

Nouvel épisode décisif à plus d'un titre dans la saga Google Books. Pour bien comprendre ce qui suit, rappelons d'abord que Google Books est tout sauf une "danseuse", c'est même un projet consubstantiel à l'existence même de la firme.

Bref rappel des faits :

  • Tout commence avec l'accord passé avec des bibliothèques pour la numérisation d'ouvrages dans le domaine public. Numérisation "à fonds perdus" et numérisation initialement garantie sans publicité ni téléchargement.
  • Deuxième volet : les ouvrages sous droits. Google passe des accords avec les éditeurs pour ne donner à voir que des extraits choisis des oeuvres sous droits.
  • Troisième volet : les oeuvres orphelines : c'est ici (comme ailleurs) la règle de l'opt-out qui est choisie et imposée par Google.
  • En 2005 les deux plus grosses associations américaines d'éditeurs (AAP) et d'auteurs (Authors Guild) engagent une action en justice (