Le petit lien du Week-End
Typographes de tout poil, rions ensemble : La police des polices (de caractère) vous parle.
(Via BBBBS = BienBienBienBiensûr !)
Typographes de tout poil, rions ensemble : La police des polices (de caractère) vous parle.
(Via BBBBS = BienBienBienBiensûr !)
En France, le magnat des médias (Arnaud Lagardère) est aussi "l'ami" du président de la république (Nicolas Sarkozy) et le témoin de son (premier) mariage. Collusion ? Collusion.
Aux Etats-Unis, le PDG du premier moteur de recherche de la planète vient d'entrer au "conseil des sages" du président Obama (Interview vidéo d'Eric Schmidt). Goobama donc. Les accointances démocrates de l'équipe dirigeante du moteur Google ne sont plus un secret. Pas davantage que n'est secrète la position démocrate sur les enjeux de la neutralité de l'Internet. Pas davantage que n'est anodin le rôle joué par le média Internet dans la campagne présidentielle américaine. Collusion ? Difficile d'en juger pour le moment. Seule certitude : la question hier posée ("qu'arriverait-il si nous répondions mal au mot 'socialisme' ?") se reposera demain avec une acuité nouvelle.
" ... c'est même à ça qu'on les reconnaît " disait le maître. Diego Maradona et Lutz Heilman osent tout. Le premier, nous apprend Zorgloob, a demandé (et obtenu !!!) des versions locales de Google et de Yahoo!, qu'elles ne fassent plus apparaître de résultats sur la requête "Diego Maradona." La page suivante est donc collector : à vos copies d'écran, car c'est à ma connaissance la première fois dans l'histoire de l'Internet qu'une telle disparition est opérée.
Le second (via le toujours excellent Ecrans et de ReadWriteWeb), Lutz Heilman, 42 ans, aujourd’hui député au
parlement fédéral du parti die Linke (La Gauche), et ex-agent de la
fameuse police secrète est-allemande (Stasi), a demandé et obtenu la fermeture immédiate et ce deux jours durant, de la version allemande de Wikipedia (enfin pas tout à fait mais presque).
Deux réflexions croisées :
Et une morale façon "vieux con des neiges d'antan" : on n'effacera jamais les livres. On peut les censurer, les brûler, les détruire, les pilonner mais les effacer ... jamais. Et si vous voulez lire une belle histoire à ce sujet, vous pouvez vous précipiter sur Globalia.
Préambule & Rappel des faits
Le 15 Octobre 2008 paraissait au Journal Officiel de la république, un appel d'offre concernant une "veille d'opinion" pour les ministères de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. L'appel d'offre est composé de deux "lots" d'un coût global de 220.000 euros pour 2009 (100.000
pour l'Education, 120.000 pour l'Enseignement supérieur et la Recherche).Dans ledit appel d'offre on eut notamment lire :
Mais également :
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"Nous disions (...) que
les établissements d'enseignements « s'effondrent les uns après les
autres ». C'est maintenant vrai des établissements bancaires, et il
n'y a là aucun hasard : il s'agit d'une crise systémique où le système
éducatif est détruit par une organisation industrielle consumériste
caduque qui repose sur la destruction systémique de l'attention, et à
cet égard, sur l'installation d'une sorte de bêtise systémique – qui
détruit désormais les puissances publiques et les puissances privées. (...) Tous finalement l'accordent : la crise que traverse la planète est la
preuve qu'une autre organisation sociale doit être inventée et mise en
œuvre. Dans cette nouvelle société industrielle, l'éducation sera
l'élément clé, et avec elle, la reconstitution de l'attention devra
être pensée en relation intime avec la place et le devenir des médias."
Ars Industrialis. Débat le 15 novembre 2008 : Destruction et formation de l'attention :Considérations sur la crise systémique de l'éducation. Avec Jean-Hugues BARTHELEMY, Julien GAUTIER, Bernard STIEGLER et Guillaume VERGNE au Théâtre National de la Colline. 14 rue Malte Brun – Paris 20° - 14-17 heures - entrée libre.
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Ils n'ont certes pas besoin de pub. mais j'atteste par la présente de mon regret de ne pouvoir y assister et vous encourage (1) à vous y rendre et (2) à nous faire plein de compte-rendus ou de captations vidéos de ce qui s'y dira :-)
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Billet d'humeur publié un lundi mais rédigé un vendredi soir (très tard) sur un (non?) événement qui a presque un an mais qui me semble assez fidèlement traduire une certaine logique ...
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Préambule. Aux Etats-Unis, les grandes firmes de l'informatique ont pignon sur rue dans les universités et dans les écoles. Elles les financent pour partie, elles les fournissent en ordinateurs et autres équipements, elles recrutent et payent des étudiants pour évangéliser sur tel ou tel produit leurs petits camarades, elles recrutent et payent des professeurs, elles leurs offrent des licences logicielles gratuites. Bref, elles "font le job" de la formation aux technologies de l'information.
Google et les 140 classes de collégiens.
En France, l'éducation à la culture informationnelle est, suite à la volonté acharnée de quelques-uns, de plus en plus l'objet de discussions, de colloques, de publications. En France, on a (péniblement) mis en place des dispositifs aux noms abscons mais à l'efficacité qui commence à être prouvée : B2i, C2i, et tutti quanti. En France, le Sénat, dans sa session ordinaire du 22 Octobre 2008, a diffusé un rapport d'information sur l'impact des nouveaux medias sur la jeunesse (Téléchargement r08-0461.pdf). A la page 123 dudit rapport, on peut lire le compte-rendu de l'audition de Mr Olivier Esper et Mme Myriam Boublil, respectivement "chargé des relations institutionnelles" et "directrice de la communication", chez ... Google Inc. L'audition se conclut comme suit :
Intrigué par ce "Cherche Net", et quelques clics plus tard, je tombe sur le communiqué de presse de Google France, dans lequel j'apprends qu'il ne s'agit pas vraiment d'un tout petit projet puisqu'il concerne tout de même "140 classes de collégiens de 6ème et 5ème des
départements du Finistère, de l’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, des
Côtes-d’Armor, de la Sarthe, du Maine-et-Loire, de la Loire-Atlantique,
de la Mayenne et de la Vendée." Le titre du communiqué de presse est le suivant : "Calysto lance Cherche Net avec Google et la DUI". Pour information, Calysto est une société de conseil, la DUI est une excroissance du pouvoir politique (ministère de l'enseignement supérieur principalement), et Google est ... Google.
Et maintenant les faits : le fond du projet Cherche Net.
Sur la page du communiqué de presse, je retiens les informations suivantes :
Et maintenant, reprenons ...
Moralité courte.
A l'initiative de Google et sur les fonds de Google, Google forme les futurs utilisateurs et clients de Google là où ils sont, c'est à dire dans les collèges. Il les forme à l'utilisation de Google et des outils de Google. Il le fait avec l'aval du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche (dont la DUI est l'émanation directe), ce dernier se vautrant dans le confort de la figure d'un Ponce-Pilate numérique (dont on connaît la propension à "s'en laver les mains").
Moralité longue
C'est parfois dans les "petites" opérations de communication que se
donnent le mieux à lire les grands desseins ministériels ... Car soyons clair, ce n'est en l'occurence pas Google (ni Calysto) que je blâme (quoi que pour Calysto ...). A tout prendre, j'aime autant que ce soit eux qui se chargent du boulot plutôt que la DUI et ses experts nommés. Ce qui est particulièrement irritant me fout dans une rogne noire c'est de constater l'incurie des "pouvoirs publics" à l'échelon national à capitaliser sur les réseaux de compétence e-x-i-s-t-a-n-t-s, leur refus castrateur de leur octroyer quelques maigres subsides pour permettre à ces mêmes réseaux de compétence d'opérer un passage à l'échelle, pour leur permettre de démultiplier leur offre de formation, bref pour leur permettre de faire ce que s'apprête à faire Google, mais en le faisant mieux (et probablement pour moins cher).
Pour être plus clair, il existe en France dans les universités, les lycées et les collèges toutes les structures nécessaires à la réflexion (déjà bien avancée) et à l'action (chroniquement en manque de moyens). Nous disposons :
Alors pour passer ma rogne, je fais un rêve. Celui de voir un jour l'auto-complaisance ministérielle et ses effets d'annonce à la consistance d'étouffe-chrétien se resaisir, décrocher son téléphone, convoquer non pas des blogueurs influents mais des gens capables, leur demander où ils en sont de leur réflexion, leur demander quelles sont leurs préconisations, leur demander quels sont leurs besoins ... et leur donner les moyens de gagner un pari. Un pari formidable. Celui de l'entrée réussie d'une classe d'âge dans la société de l'information. Et puis je me réveille. Et je vois le temps qui passe. Et je voie le temps perdu. Et le Cheval à Phynances qui galope, et la Machine à Décerveler qui fait son office (et réciproquement).
Conclusion : nous sommes tous des américains.
Le projet Cherche Net date de Décembre 2007. J'en ignore les résultats. Je ne les ai pas trouvés sur le site de la DUI. Le site Cherchenet.fr n'est de toute façon plus en ligne. La seule trace qui en subsiste est celle-ci. Le nom de domaine est par ailleurs disponible si vous êtes tentés par une spéculation hasardeuse (plénonasme ?). J'ignore s'il sera reconduit cette année. Mais le projet Cherche Net n'était que la partie émergée de l'iceberg. Aujourd'hui, les mêmes perpétuent le tour de France des collèges et des écoles. Avec les mêmes partenaires, plus quelques autres. C'est du Cherche Net mais à l'échelle industrielle. Du biberonnage dès le berceau. Voilà pour l'existant. Voilà pour hier et aujourd'hui. Et demain ? Demain aux Etats-Unis en France, les grandes firmes de l'informatique auront pignon sur rue
dans les universités et dans les écoles. Elles les financeront pour
partie, elles les fourniront en ordinateurs et autres équipements,
elles recruteront et paieront des étudiants pour évangéliser sur tel ou tel
produit leurs petits camarades, elles recruteront et paieront des
professeurs, leurs offriront des licences logicielles gratuites.
Bref, elles "feront le job" de la formation aux technologies de
l'information.
Demain ce sera Ubu Roi. UBU : Université des Baudruches Unanimes. ROI : retour sur investissement à la hauteur du désinvestissement constaté. Ubu roi vous dis-je.
(Temps de rédaction de ce billet : 3h30 - oui je sais c'est long, non je n'avais rien de mieux à faire vendredi soir)
Donc ça y est, le projet de décret modifiant le statut et le rôle des enseignants-chercheurs est sur les rails. Très rapide analyse ... Ce qui va changer :
Côté effets d'annonce jusqu'à présent non suivis des faits :
Conclusion : Flexibilité et clientélisme sont les deux mamelles de ce projet de décret (et encore, je vous ai épargné le commentaire des 4 pages qui concernent uniquement la notion de "délégation de services", mais vous en conseille la lecture attentive ...). Une flexibilité désordonnée, inféodée aux desideratas des conseils d'administration, eux-même inféodés aux présidents d'université (à moins que ce ne soit l'inverse). Mais le plus dramatique à mon sens, c'est que l'enseignement sera le grand perdant de ce nouveau statut s'il est adopté en l'état. Cette activité apparaît clairement comme "secondaire", non-noble, le genre de truc que l'on refile à ceux qui ne sont pas capables de faire de la recherche. Je pense que c'est une erreur stratégique et un contresens majeur qui dit bien deux choses : la vision que le ministère éponyme a de l'enseignement public, et la méconnaissance profonde de ce qui se passe DANS les cours des universités.
Le projet de décret en intégralité : Téléchargement decret08-statut-ec-.pdf
Et puis aussi sur le sujet :
Par ailleurs, le classement des revues à la mode de l'AERES continue d'émouvoir. Oh rassurez-vous, uniquement de dangereux gauchistes rétifs à toute forme d'évaluation parce que notoirement incompétents et uniquement soucieux de préserver leurs privilèges acquis et n'ayant par ailleurs absolument aucune expérience en matière de publication scientifique ou d'édition de revues scientifiques de rang :
notamment ...
(Sources sous les liens // Temps de rédaction de ce billet : 2 heures)
C'est ce soir sur Arte. Et c'est inéluctable.
Et puis bien sûr, Barak Obama :
Revue de liens éparpillés "façon puzzle" comme dirait l'autre.
Nota bene : de ces deux dernières infos, je retiens que l'hypothèse d'un GoogleNet comme "second réseau" est de moins en moins invraisemblable.
(Sources : sous les liens // Temps de rédaction de ce billet : 1 heure)
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Billet un peu long pour répondre à une simple question qui m'est souvent posée par mail ou en commentaire : "mais pourquoi donc ajouter un "temps de publication" à la fin de chaque billet ?"
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41 billets pour le mois d'Octobre 2008. Temps de rédaction total : 28h30min. Soit un temps moyen passé sur un billet de : 41 minutes.
Ceci n'inclut pas la temps passé à veiller et à lire différentes choses sur le Net ou dans de bons vieux ouvrages et journaux papier. Lequel temps est au moins équivalent à celui de la rédaction des billets.
Sur une année, cela fait, à la louche 348 heures. Plus au moins 348 heures à fureter, collecter, annoter, lire, etc.
Tout cela pour dire que compte tenu de mon statut (Maître de conférences : je dois 192 heures équivalent TD sur l'année - en heures effectives, cela fait beaucoup plus -, plus autant d'heures de recherche - là j'en fais honnêtement un peu moins, sauf à considérer que l'alimentation de ce blog fait partie intégrante de mon activité de recherche, ce qui est précisément l'une des questions soulevées dans ce billet), tout cela pour dire, disais-je, que compte-tenu de mon statut, ce blog est un authentique deuxième métier qui me prend au moins autant de temps que celui pour lequel je suis chaque mois grassement rétribué (1800 euros net).
J'avoue ne pas trop savoir qu'en penser ... mais je pense que :
(Temps de rédaction de ce billet donc : 30 minutes :-)
Dans la série "le politique et son reflet motorisé", et dans une quête éperdue de notoriété mise à mal, je vais donc sacrifier à la tradition médiatique. <Teasing> A la fin du billet que vous êtes en train de lire, vous connaîtrez, en avant-première mondiale, le résultat de l'élection présidentielle américaine. </Teasing>
Préambule.
Les rapports entre le politique et la représentation du monde que donnent à voir les moteurs sont de plus en plus étroits, de plus en plus complexes, de plus en plus décisifs. C'est un poncif que de souligner le rôle que joue le net dans les élections américaines aujourd'hui, et qu'il jouera sans nul doute demain à l'échelle de la vie démocratique planétaire, pour le meilleur ou pour le pire. Dans un billet d'Octobre 2006 j'écrivais déjà :
A l'heure ou les médias du monde entier ont tous leurs sens numériques entièrement braqués sur l'élection en train de se jouer aux USA, regardons ce que la chose numérique apporte comme éclairage et comme décryptage à la chose politique.
Realnumerik et/ou Realpolitik.
Le billet de ReadWriteWeb, "Your election Day Web Toolkit", nous offre une vue exhaustive de cette boîte à outils numérique : informations en temps réel sur le vote en cours, vote participatif sitôt filmé et sitôt posté sur YouTube, groupes de microblogging décryptant les résultats là encore en temps réel, sondages divers et variés, et bien sûr, marketing et merchandising citoyen avec de grandes enseignes vous offrant un café tiède ou un nuggets moisi si vous entrez chez eux en hurlant "j'ai voté".
Moteurs et politiques : une affaire de résultats.
Mais au-delà du gadget et de l'insondable sondage, les moteurs savent également offrir de très beaux outils de décryptage et de suivi des résultats. Dans cette catégorie, la palme revient probablement au "Political Dashboard" de Yahoo!. A l'heure où j'écris ce billet, seules les projections de vote sont naturellement accessibles, mais vous avez la possibilité de créer votre propre scénario en cliquant sur les différents états pour en faire changer la couleur politique et disposer donc d'autant de scénarios et de résultats que possible.
Google n'est naturellement pas en reste et se fend d'un billet sur son blog officiel pour détailler l'ensemble de "son" dispositif : une GoogleMaps qui permettra de visualiser les résultats, une page Google News dédiée avec un affichage en colonne des résultats état par état, etc.
Là où cela se complique ...
Jusque là, au final, pas grand chose de nouveau, sauf que chacun peut se rejouer en solo et dans son salon la grand messe télévisuelle des soirées électorales, avec des joujous capables de déclencher une soudaine moiteur intime chez le chroniqueur politique d'astreinte ou la directeur d'institut de sondage sur le pont. Là où cela se complique c'est quand on en arrive aux authentiques stratégies motorisée d'un vote (prétendûment ?) à valeur ajoutée.
De nouveaux espaces synoptiques
L'exemple le plus frappant est celui du canal vidéo créé sur YouTube pour l'occasion et baptisé : Video Your Vote. 596 vidéos sont pour l'instant (4 Novembre, 22h, heure française) répertoriées. Là encore, une carte GoogleMaps sert de support, d'accrochage, aux vidéos envoyées par des citoyens (ou des personnalités), lesquelles vidéos sont répertoriées et visualisables selon un certain nombre de thèmes : les "Notable voter" par exemple, personnalités diverses (mais essentiellement politiques) qui se fendent de leur propre reportage sur eux-mêmes et leur vote ; plus intéressantes, les vidéos des "First Time Voter" (sous la catégorie "voting perspectives") qui font part de leur état d'esprit. Beaucoup plus étonnante, la catégorie "Voter Intimidation". Et oui. "Voter Intimidation" On y découvre des vidéos qui dénoncent des tentatives d'intimidation plus ou moins graves, dont l'essentiel provient de groupes de pression ou de lobbys politico-industrialo-religieux. Mais on trouve également dans la même catégorie une "interview" (?) de Sally Morgan, étudiante à l'université de Virginia Tech (?) qui raconte comment on (?) a tenté de l'intimider dans sa faculté. On a donc d'un côté des vidéos amateur dont la valeur sociologique est avérée, mais pour lesquelles on ne peut disposer d'aucune valeur de vérité propre (cf mes points d'interrogation dans la phrase précédente), et de l'autre côté, mises sur le même plan dans le même dispositif, des reportages "classiques" de médias "traditionnels", dé-portés sur YouTube. Là encore me direz-vous, rien de nouveau : toute soirée électorale combine les micro-trottoirs anecdotiques avec les analyses politiques plus "sourcées". Mais ce qui change ici c'est l'industrialisation du processus. Alain Giffard (parmi d'autres, dont B. Stiegler) a parfaitement décrit cette industrialisation de l'intime. Ce même intime qui est à l'oeuvre dans l'isoloir, dans cet acte politique fondateur. Tout cela est pour le moins troublant et mériterait à lui seul une analyse complète. Dernière catégorie sur laquelle je vous invite à jeter un oeil dans la chaîne Video Your Vote, c'est la catégorie "Polling Place Problems" et la sous-catégorie "Machine Problems". Aux USA, les machines à voter sont en place dans un très grand nombre d'états. On y découvre de courtes vidéos aussi hallucinantes qu'effrayantes qui, après les ambiguités de la mal-bouffe et du fast-food, nous font découvrir les immenses dangers de demain : ceux du fast-vote, du mal-vote. L'industrialisation du processus de vote se surajoute à celle de l'intime pour lui ôter, à terme, sa valeur propre.
Du passé ne faisons plus table rase.
Les candidats sont naturellement les plus exposés à l'éléphantesque mémoire des moteurs. L'outil Google Citation (tournant - pour l'instant - sur Google News) est capable d'extraire les phrases qu'ils ont prononcé pendant les 5 dernières années sur une thématique donnée et de les resituer en contexte (exemple ici). Autre exemple, l'indexation "textuelle" des vidéos des candidats. Même si peut-être moins que d'autres ils ont, dans l'exercice de leur fonction, le droit à l'oubli numérique, il va falloir réfléchir à l'impact que cet accès direct, permanent et traçable à leurs mémoires aura sur leurs ... discours. La mémoire et la mer l'amer comme disait l'autre.
Vers une logique de panoptique.
L'ensemble de ces dispositifs, de ces artefacts, de ces cartes synoptiques s'enrichissent rapidement et nécessairement d'une dimension supplémentaire à la problématique bien plus lourde : celle d'une dérive panoptique inévitable. C'est la logique du genre. Nous filmons, ils enregistrent. Pour en revenir à l'analogie avec les soirées électorales d'antan, dans les dispositifs offerts par les moteurs, toute l'éditorialisation est camouflée. Elle semble avoir disparue (aucun chroniqueur, analyste ou journaliste n'est là pour "faire des choix" de reportage ou de questions à poser ou à ne pas poser), mais elle est plus que jamais présente. Saut qu'il ne s'agit plus d'une éditorialisation à priori mais a posteriori. Ce que changent les moteurs, c'est la temporalité du "moment" politique. La valeur ajoutée maximale de ce moment est, pour les usagers, le temps des sondages qui le précèdent et naturellement celui du temps présent de l'élection. Mais la valeur ajoutée maximale pour les moteurs est tout autre. Elle est dans l'éditorialisation rendue a posteriori possible de ces milliers de données, de comportements et de requêtes collectés de manière cadrée, de manière expérimentale et quasi-scientifique.
"Qu'arrivera-t-il si nous répondons mal à des requêtes comme 'socialism' ?"
Car avant et parfois même pendant le vote, les gens cherchent. Et l'on sait ce qu'ils cherchent. Là encore le blog officiel de Google nous livre les requêtes les plus courantes. Je m'attarde 5 minutes sur les 10 sujets politiques les plus recherchés ("Top Political Topics") :
Le "socialisme" est donc le 10ème mot-clé le plus recherché en ce moment par les américains. Outre que cela ferait probablement plaisir à la cellule communication du PS français, cela nous en dit déjà beaucoup sur "l'angoisse" et "l'incompréhension" de l'amérique républicaine face à ce fléau. Mais ce qui m'intéresse ici, ce n'est pas tant la requête que le résultat de cette requête dans Google. Première étape : la fonction Google Suggest est là encore riche d'enseignements.
C'est bien le socialisme d'Obama qui inquiète, qui intrique, qui est la chose recherchée. Deuxième étape : les résultats. Wikipédia, Dictionary.com, la Britannica, un site de bibliothèque numérique en économie. Les 4 premiers résultats donnent donc dans une "neutralité" de bon aloi. Le cinquième résultat est déjà plus surprenant : une page personnelle d'un "socialiste indépendant". Le premier site offrant un rapport direct entre la requête ("socialism") et le contexte de la requête (élection américaine) arrive en 9ème position et il s'agit d'un site clairement républicain. A tout cela il faut ajouter que ladite page de résultat n'est pas nécessairement celle qui sera affichée en réponse à toutes les requêtes déposées sur ce seul mot-clé. En effet, nombre d'internautes utilisent le moteur Google en étant identifiés sur leur compte Google (gmail par exemple). A partir de là (principe de la personnalisation persistante : diapos 29 et 39 à 42), les "préférences" et l'historique de recherche de l'internaute sont convoqués pour proposer un remix personnalisé de résultats. Autant dire que les républicains qui cherchent des infos sur "Obama le socialiste" trouveront dans lesdits résultats de quoi largement alimenter leur socialophobie. Tout cela nous ramène donc aux préoccupations du précédent billet sur le sujet : "qu'arrivera-t-il si nous répondons mal à des requêtes comme 'socialism' ?" Ou comment passer du nez de Cléopâtre au socialisme d'Obama : la face du monde en sera peut-être changée. Pour le meilleur ... ou pour le pire.
Et maintenant chose promise chose dûe : le résultat du vote en avant première mondiale.
(Sources : sous les liens // Temps de rédaction de ce billet : 2h15)
La journée type du blogueur. A part l'accès depuis un cellulaire, tout le reste est parfaitement exact (me concernant).
(Via MissTics)
Pendant que l'on cherche activement à retrouver la trace de la 71ème section (épisode 1, épisode 2, épisode 3), quelques ressources "en vrac" pour permettre à chacun d'étoffer son opinion à propos de la crise d'évaluatite aussi aïgue que désordonnée dont souffre actuellement la maison université-recherche :
(Temps de rédaction de ce billet : 45 min.)
(Billet oublié dans la file d'attente de publication de ce blog ... oups ...)
Technorati relance son meilleur outil de communication, à savoir le "state of the blogosphere" initié par son fondateur Dave Sifry. Le "state of ..." nouvelle formule dispose d'une parution étalée sur toute la semaine, j'ai donc attendu le dernier chapitre pour vous en faire un petit résumé :-). Au programme de l'édition de Septembre 2008 on apprend :
Que les blogs dont désormais partie des "mainstream media" en terme d'audience. A titre d'illustration, il est rappelé que " 95% of the top 100 US newspapers have reporter blogs". (ce qui n'empêche pas les blogs d'être totalement absents de notre très hexagonal et Colbertien Rapport Giazzi mais c'est une autre histoire ...). Que Technorati indexe 133 millions de blogs (cf image ci-dessous) et nous indique avoir fait un grand ménage dans les Spam-blogs et autres Fakes-blogs.
La fin de cette introduction se conclut par une liste de citations émanant de diverses personnalités (mais comme je ne suis pas davantage rancunier que procédurier, je ne leur collerai pas un procès pour s'être inspirés des petites goodies - .pdf - accompagnant la publication d'un excellent bouquin qui vous permettra de tout savoir sur les blogs).
Sur cette première partie, voir les commentaires de FredCavazza.
Que le profil des bloggueurs reste relativement hétérogène même si le portrait robot est celui d'un homme entre 17 et 34 ans, depuis longtemps sur Internet et avec un niveau d'étude plutôt élevé. Phénomène révélateur de l'aspect "mainstream" et de l'âge de maturité des blogs, 37% des bloggeurs sont à l'ouvrage depuis au moins deux ans, 14% depuis au moins 4 ans. La moyenne de l'ancienneté des blogs indexés par Technorati est d'environ trois ans.
La plupart des blogs sont pluri-thématiques même si les technologies se taillent la part du lion. 
Et puis une très mauvaise nouvelle pour les Wikio Labs : la principale mesure de succès d'un blog est ... la satisfaction personnelle qu'en retire son auteur !! Ca va être délicat de développer un algo. là-dessus ;-)
(Titre alternatif de ce billet : "Les oeuvres orphelines ont désormais un père : il s'appelle Google")
Nouvel épisode décisif à plus d'un titre dans la saga Google Books. Pour bien comprendre ce qui suit, rappelons d'abord que Google Books est tout sauf une "danseuse", c'est même un projet consubstantiel à l'existence même de la firme.
Bref rappel des faits :